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Pierre-Eugène-Emile HEBERT
Paris, 1828 – Paris, 1893
Méphistophélès

Statuette en bronze à patine brune et mordorée
Sans marque de fondeur
Signé en bas à gauche : E Hebert
Datation : 1853 (pour la version en plâtre)
Haut. : 44,5 cm

*Vendu*

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Elève de son père, le sculpteur Pierre Hébert (1804-1869) et surtout de Jean-Jacques Feuchère (1807-1852), Emile Hébert dont l’activité s’étend du Second Empire jusqu’au début de la troisième République entreprend une carrière construite autour de commandes publiques, de bustes et d’allégories conventionnelles reflétant l’éclectisme de son temps. Deux œuvres cependant mettent en lumière une facette singulière de son oeuvre marquée par une fascination pour les sujets morbides et diaboliques dont le goût se développe avec la génération des Romantiques : sa grande composition Et toujours et jamais, (fig. 1) présentée au Salon de 1859 marque profondément Baudelaire qui admire la capacité du sculpteur à transcender la matérialité et arriver à représenter « le néant » et le « vide ». Cette œuvre emblématique est précédée quelques années plus tôt par son Méphistophélès, exposé en plâtre au Salon de 1853, puis en bronze à l’Exposition Universelle de 1855, avant que quelques réductions ne soient exécutées, à l’image de celle que nous présentons.

S’il a en mémoire le Satan (fig. 2) que son maître Feuchère réalise en 1833 (Salon de 1834) et qu’au même moment Jacques–Louis Gauthier (1831-1868) exécute un bronze de même sujet dans une composition maladroite (fig.3), Hébert crée une œuvre inventive inspirée du Faust de Goethe, publié en 1828 avec des lithographies de Delacroix dont on retrouve l’esprit dans sa sculpture. Décrit par l’écrivain comme un diable élégant et de bonne compagnie, Hébert a représenté Méphistophélès assis sur un fauteuil gothique sculpté à l’avant de deux figures drapées, habillé comme un dandy dans un accoutrement médiéval avec force de détails, comme le chapeau à plumes, la cape et les chausses pointues, les sourcils froncés, plongé dans une profonde mélancolie et dans de noires pensées. La composition mouvementée exacerbant la musculature anguleuse que l’on retrouve dans son groupe Et Toujours et Jamais, achève d’exprimer le feu intérieur de ce diable moderne.

AUTRE VERSION   
Méphistophélès  : Statuette en bronze. E. Vittoz fondeur. Haut. : 101 ; Larg. : 32,7 cm ; Prof. : 32 cm. Cantor Arts Center at Stanford University. Inv. : 2000-121.  
     
BIBLIOGRAPHIE  
E. About, Voyage à travers l’exposition des Beaux-arts, Paris, 1855, p. 248-249 --- Cat. Expo : The Romantics to Rodin, French Nineteenth-Century Sculpture from North American Collections, Los Angeles County Museum of art, 1980, p. 294-295 --- Jeanne Stump, “The Sculpture of Emile Hébert : Themes and Variations”, The Register of the Spencer Museum of Art, The University of Kansas, Lawrence, vol. V, n°10, spring 1982, p. 29-61 --- Cat. Expo. : Nineteenth Century French and western European Sculpture in Bronze and Other Media, New York, Shepherd Gallery, spring exhibition, 1985, p. 116 --- Suzanne Glover Lindsay, « A modern Mephistophélès by Emile Hébert », Cantor Arts center Journal, Vol. IV, 2004-2005, p. 15-25.

 
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