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Paul DUBOIS
Nogent-sur-Marne, 1827 – Paris, 1905
Tête de femme idéale

Buste en bronze à patine noire
Signé devant : P. Dubois
Fonte ancienne vers 1880, sans indication de fondeur
Modèle préparatoire pour le marbre de la Fondation Karlsberg à Copenhague
Haut. totale : 51 cm ; L. : 28 cm ; P. : 22,5 cm
 

> Oeuvre en rapport

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S’il n’a pas la notoriété d’un Carpeaux ou d’un Rodin, Paul Dubois n’en demeure pas moins une figure particulièrement marquante du paysage artistique français de la deuxième moitié du XIXème siècle qu’il jalonne d’œuvres marquantes et personnelles au travers d’une carrière officielle brillante comblée de commandes et d’honneurs. Après des études au lycée Louis-le-Grand à Paris, Dubois se lance dans des études de droit vite abandonnées au profit de la Musique qu’il délaisse à nouveau pour la Sculpture auprès d’Armand Toussaint (1806-1862) ancien élève de David d’Angers dont suit l’enseignement. Passé une première exposition au Salon de 1857, il rejoint l’Ecole des Beaux-arts pendant une année à l’issue de laquelle il décide de partir en Italie à ses frais. Pendant quatre ans, Dubois visite l’Italie, Naples, Florence et Rome où il côtoie les lauréats du concours de l’école des Beaux-arts, Elie Delaunay, Bizet Henner, Delaplanche, Chapu et Falguière. L’étude attentive qu’il fait à Florence de la peinture et de la sculpture du Quattrocento a pour lui une importance déterminante et marque l’ensemble de son œuvre à commencer par le Chanteur Florentin (Paris, musée d’Orsay) qu’il expose à son retour à Paris en 1865 avec l’immense succès que l’on sait, faisant de lui le chef de file du groupe des « Néo-Florentins » pour signifier l’impact que la Renaissance Italienne prend sur leurs recherches plastiques. Portraitiste apprécié, Dubois voit passer dans son atelier tous les personnages marquants de son temps dont il modèle les traits, Georges Bizet, Cabanel, Paul Baudry, Camille Saint-Saens, Bonnat, Louis Pasteur ou encore le Duc d’Aumale. On lui doit également l’Eve naissante (Salon de 1873), le Monument du général de la Moricière (Nantes, cathédrale) qui figure à l’exposition universelle de 1878, la Statue du connétable de Montmorency (1886, terre-plein du château de Chantilly) ou encore la Statue équestre de Jeanne d’Arc (salon de 1889), véritable symbole d’unité nationale, placée devant la cathédrale de Reims et sur l’esplanade de l’église Saint Augustin.
  
La Tête Idéale présentée ici est un parfait exemple du style et de l’esprit du sculpteur, marqué par un modelé souple et nerveux, une douceur générale de facture et une recherche d’élégance dont l’ensemble de son œuvre porte l’empreinte. L’artiste se concentre ici sur la beauté juvénile de cette jeune femme qui n’est pas sans rappeler la figure d’Eve de ses débuts. Dans la version qu’il exécute en marbre pour Monsieur Jacobsen, Dubois en modifie la présentation, faisant reposer la tête sur une base quadrangulaire telle qu’il en vit à Florence, marquant un retour à ses premières sources d’inspiration.   
     



BIBLIOGRAPHIE  : Jules Claretie, Peintres et sculpteurs contemporains, Paris, 1884, 2, p. 321-344 --- Cat Expo. : Nineteenth Century French Sculpture. Monuments for the Middle Class, Louisville, J.B.Speed Art Museum, 1971, p. 161-164 --- Cat. Expo. : The Romantics to Rodin, French Nineteenth-Century Sculpture from North American Collections, Los Angeles, Los Angeles County Museum of Art, 1980, p. 242-246 --- Jens Peter Munk, Catalogue. French Sculpture 1. Ny Carlsberg Glyptotek, Copenhague, 1993, p. 208-209.  
     
ŒUVRE EN RAPPORT
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- Tête de femme idéale. H. 48 cm. Marbre signé et dédicacé sur la plinthe : à Monsieur Jacobsen / son bien affectionné / P. Dubois. --- Copenhague, Ny Carlsberg Glyptotek, Inv. I.N.538

 
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