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Henri-Michel-Antoine CHAPU
Le Mée, 1833 - Paris, 1891
Danseuse à l’éventail

Statuette en bronze
Signé en bas à gauche : H. Chapu
Datation : 1886
H. : 40,5 cm ; L. : 17,5 cm ; P. : 8,5 cm
 

*Vendu*

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Entré à l 'École des beaux-arts en 1849 dans l'atelier de Pradier, puis dans celui de Duret, Chapu gagne le Grand Prix de Sculpture six ans plus tard avec le relief Cléobis et Biton. A Rome il conçoit son Mercure inventant la caducée, traité avec un naturalisme tempéré par une simplicité et une grâce classiques qui caractérisent l'ensemble de son œuvre. Il s'inspire également de la Renaissance et s'apparente au groupe des Néo-florentins. De retour à Paris, les commandes de l'État (Opéra), de la Ville de Paris (tribunal de Commerce, église Saint-Etienne-du-Mont) et de nombreux portraits en buste ou en médaillon précédent le succès de sa Jeanne d'Arc à Domrémy qu'il expose en plâtre au Salon de 1872, rendue célébre après la récente défaite nationale. Il exécute également de nombreux monuments commémoratifs aux compositions classiques et équilibrées : La Jeunesse pour le monument d'Henri Regnault qui lui vaut la médaille d'honneur en 1875, La Pensée (1876-77) pour le tombeau de la duchesse d'Agoult, les gisants de la duchesse d'Orléans et de la duchesse de Nemours (1885), Le Tombeau de Thiers (1886) et celui de Monseigneur Dupanloup (1887). Les œuvres décoratives font aussi partie de son répertoire, comme Les Quatres Saisons qui décorent les grands magasins du Printemps, l'hôtel Rothschild à Vienne ou encore le parc de Chantilly avec Pluton et Proserpine (1884). Comblé d'honneurs, professeur à l'Ecole des beaux-arts, Chapu envoie les plâtres de ses œuvres dès 1882 dans sa ville natale du Mée près de Melun qui conserve aujourd'hui une grande part de son élégante production.
  
Parmi les sculptures décoratives que Chapu exécute pour la grand société parisienne, La Danseuse à l'éventail destinée à orner le vestibule de l'hôtel des frères Pereire en 1886 constitue une de ses plus grandes réussites. Comme à son habitude, L'œuvre définitive de près de deux mètres de haut est précédée par de nombreux dessins puis par des esquisses modelées. La plus évocatrice d'entre elles nous est conservée au travers de cette figure fondue en bronze dont une autre version argentée se trouve conservée au musée Bonnat à Bayonne. Elle donne une bonne mesure du talent de l'artiste et de sa capacité à saisir une attitude au travers d'une exécution vive au geste parfaitement maitrisé, le mouvement et la légèreté des draperies simplement suggérés par un savant jeu d'ébauchoir et par de fines incisions dans la glaise. Le succès et la beauté de sa statue raffinée incitent Alphonse de Rothschild à commander aussitôt après le même sujet pour son hôtel de la rue Saint-Florentin à Paris. L'artiste expose au Salon de 1890 cette Danseuse. L'œuvre de Chapu côtoie la Femme au paon de Falguière, le Vélasquez de Frémiet, le Combat de Persée et de la Gorgone de Marqueste. L'accueil du public qui apprécie « sa merveilleuse adaptation des formes antiques à la vie moderne » trouve un large écho auprès de la critique, en particulier Maurice Albert qui ajoute dans son compte rendu : « Nos préférences sont vives, il est vrai, pour les statuaires qui étudient le nu, et qui, si d'aventure ils recouvrent le corps de draperies, ont soin d'en accuser toutes les lignes sous des étoffes assez légères et dociles pour laisser distinguer les membres, comme a fait M. Chapu dans son délicieux haut-relief, la Danseuse. »  
  


   
BIBLIOGRAPHIE  
  
Maurice Albert, « Le Salon des Champs-Elysées », Gazette des Beaux-arts, 1890, II, p. 59-68 – O.
Fidière, Chapu, sa vie et son œuvre, Paris, 1894, p. 143-145.

 
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