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Albert - Ernest CARRIER-BELLEUSE
Anizy-le-Château, 1824 – Sèvres, 1887
Jeune femme portant un chapeau garni de fleurs

Buste en terre cuite
Signé au dos : A. Carrier-Belleuse.
Datation : vers 1865
Haut. totale : 62 cm (socle : 12 cm) ; L. 31 cm

*Vendu*

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Considéré comme l’un des sculpteurs les plus créatifs et les plus représentatifs du Second Empire, tant par la diversité de ses sources d’inspiration que par l’importance de son œuvre, Carrier-Belleuse doit sa personnalité et son style éclectique à sa formation variée. D’abord apprenti chez le ciseleur Bauchery, chez l’orfèvre J.-H. Fauconnier puis les frères Fannière, il poursuit son parcours à l’Ecole des Beaux-arts, puis à la Petite Ecole, dévolue aux arts décoratifs. Après un séjour de cinq ans en Angleterre ou il crée des modèles pour la manufacture de porcelaines de Minton, l’artiste revient à Paris ou il développe une carrière particulièrement prolifique. Il travaille pour de nombreux projets architecturaux parmi lesquels la Grande Galerie du palais du Louvre, l’Opéra Garnier et surtout l’Hôtel de la Paiva sur les Champs-Elysées.
 
Pendant la guerre de 1870, il participe au décor de la Bourse de Bruxelles, emmenant avec lui Rodin qui reste son élève pendant sept ans, de 1864 à 1871. Exposant régulièrement au Salon à partir de 1857, le sculpteur présente des groupes érotiques comme la Bacchante (1863) que Napoléon III fait acheter pour qu’elle soit placée au Jardin des Tuileries), ou l’Hébé endormie, (1869, Paris, musée d’Orsay), louée pour son naturalisme. Parallèlement à son activité de directeur artistique à la manufacture de Sèvres de 1876 à sa mort et aux très nombreux modèles qui sortent de son atelier (orfèvrerie, meubles, trophées, statuettes ou vases), son talent de portraitiste l’amène à développer l’art des bustes historiques et rétrospectifs, ainsi que des bustes de fantaisie inspirés du XVIIIe siècle comme cette Jeune Femme au chapeau ornée de fleurs que nous présentons ici et dont une version similaire mais moins aboutie se trouve conservée au musée d’Orsay.

Dans l’atelier de Carrier-Belleuse, le jeune Auguste Rodin épouse la manière de son maître si l’on en juge par le buste de jeune fille au chapeau fleuri qu’il réalise vers 1865 (fig. 1), au moment même ou il se charge de produire pour Carrier-Belleuse ces bustes décoratifs, modifiant les modèles sortis d’un même moule, donnant à chacune des figures féminines un caractère original en retravaillant la terre et en modifiant les coiffures avec une créativité et une débauche de détails, visibles ici au travers du chapeau de paille orné de coquelicots, de bleuets, de marguerites et d’épis de blé disposés élégamment autour d’un nœud de rubans. L’inventivité de Carrier-Belleuse attire jusqu’à l’attention de Baudelaire. Au Salon de 1859, ce dernier ne cache pas son « assez vif plaisir » devant ses sculptures, lui reconnaissant des affinités avec le siècle passé « dont il possède l’énergie et l’esprit ».
     
     
AUTRE VERSION   
Albert-Ernest Carrier-Belleuse. Jeune femme au chapeau orné d’épis de blés. Buste en terre cuite. Signé au dos : A. Carrier-Belleuse. Haut. totale : 60 cm, Larg. 28 cm ; Prof. 27 cm. Paris, musée d’Orsay --- Inv. 3718.  
     
OEUVRE EN RAPPORT  
Auguste Rodin. Jeune fille au chapeau fleuri. Buste en terre cuite. Vers 1865. Haut. : 69 cm. Larg. 34 cm ; Prof. 29 cm. Paris, musée Rodin --- Inv. 1056. (fig.1)  
     
BIBLIOGRAPHIE  
June Hargrove, The life and Work of Albert Carrier-Belleuse, New York, 1977 --- Mary Levkoff, Rodin and his Time, Los Angeles County Museum of Art, 1994.  
  

 
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